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AUTRE RENCONTRE

Marie-Paule Belle


Photo : Francis Vernhet/Chorus

L'embellie

par
Valérie LEHOUX

Marie-Paule Belle est au Théâtre de Dix Heures, à Paris, jusqu’au 7 avril, pour n’y reprendre, seule au piano, que des chansons de Barbara. Histoire d’un retour, d’un parcours, et d’une vie de chanteuse enfin épanouie.

On a tous, au fond de nos souvenirs, ce visage en perpétuel mouvement, ce grand sourire et ces cheveux bouclés, cette exubérance presque clownesque. On a tous, dans un coin de la tête, quelques rimes de "La Parisienne", quelques notes sautillantes et enjouées. Et même si l’on sait pertinemment que Marie-Paule Belle ne se résume ni à cette image ni à cette chanson, même si l’on connaît par cœur les textes intimistes, pudiques et mélancoliques, on ne peut s’empêcher d’y revenir. On a tort.

La femme qui nous attend là, à deux pas de Pigalle, ne ressemble ni à une "biaiseuse" ni à une amuseuse publique. Celle-là est discrète, fluette, presque réservée. Encore tout intimidée de sa nouvelle aventure (un récital de chansons de Barbara, du 6 mars au 7 avril, élaboré avec la complicité musicale de Roland Romanelli) ; encore tout émerveillée d’avoir retrouvé un public parisien, après un trop long silence.

Dix ans d’absence. Entre 1984, son dernier Théâtre de la Ville, et 1994, son premier Théâtre de Dix Heures, Marie-Paule est partie chanter ailleurs, en province et chez nos voisins francophones, mais sans plus jamais faire un tour dans la capitale faute d’envie et d’occasion. Pire : entre 89 et 99, elle a déserté les studios, n’a sorti aucun disque original, faute de producteur cette fois. C’est le duo Miletti et Joyeau, aux manettes des audacieux Démons de Dix Heures, qui l’a convaincue de revenir à Paris...

Ce jour-là (le 8 novembre 94) restera l’un des plus forts de sa carrière : un jour de retrouvailles, de bravos et de larmes de joie. D’autres scènes ont suivi. Un album live magnifique et un studio qui l’était tout autant [cf. Chorus 16 p. 41 et 29 p. 49] sont sortis dans les bacs. Marie-Paule Belle est revenue, heureuse et plus sereine que jamais. La jeune femme timide et complexée des années 60, qui quittait sa province niçoise pour aller tenter sa chance, à Paris, dans les cabarets de la rive gauche, aura trouvé sur scène ce qu’elle était venue chercher : l’amour.

Valérie LEHOUX

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