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Ces écrivains
qui connaissent la chanson
Belle/Mallet-Joris
par Alexie Lorca
Lire, septembre 1997
Le Salon du livre de Nice à la fin
des années 60. Marie-Paule Belle et Michel Grisolia rencontrent Françoise
Mallet-Joris. Quelque temps plus tard, Marie-Paule et Michel débarquent
dans la capitale. A Noël, chez l'auteur du Rempart des béguines
(Pocket) et de La maison de papier (Le Livre de poche), on a l'habitude d'imaginer
et de jouer de petites pièces bibliques - des mystères - entrecoupées
de chansons. Une bonne occasion de mettre à contribution la jeune pianiste.
Satisfaits du résultat, les trois comparses décident de se frotter
au show-biz. Avec le succès que l'on sait: «Ce travail d'équipe
m'apporte beaucoup. On discute, on se chamaille, on échange, déclare
Françoise Mallet-Joris. C'est une rupture totale avec le métier
d'écrivain qui est très solitaire. La création d'une chanson
est en outre techniquement très différente de celle d'un livre.
Il faut se tenir à une histoire et à des émotions brèves.»
La romancière s'est totalement adaptée à la personnalité
de Marie-Paule et se sent impliquée dans son aventure, même si
à la fin le succès, ou l'insuccès, rejaillit essentiellement
sur l'interprète. Etre parolier incite en cela à la modestie «d'autant
qu'une bonne musique peut faire passer un mauvais texte, alors qu'un bon texte
ne fera jamais passer une mauvaise musique». Sans compter que pour réussir
une chanson, «il faut en écrire et en jeter beaucoup». Mais
la dame de lettres qui s'éclate autant en vingt lignes qu'en trois cents
pages n'est pas près de se décourager: «Art mineur, art
majeur: cet étiquetage m'insupporte. Quand j'aime, rien ne peut m'arrêter.
Je pourrais même écrire des publicités, si le sujet m'amusait...»
URL originale: http://www.lire.fr/enquete.asp/idC=33058/idR=200