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1970-2000 : 30 ans de
carrière Jeudi 27 Janvier 2000. J'ai rendez-vous cette après-midi avec Marie-Paule Belle chez elle, à Neuilly-sur-Seine. J'arrive à 14 h. Je sonne. Marie-Paule ouvre la porte : je lui offre un bouquet de roses jaunes, ses fleurs préférées. Son appartement est coquet ; un doux parfum d'encens à la vanille embaume l'air. Marie-Paule m'offre un café. Il y a une douceur, une sérénité, un côté songeur, dans le visage de la chanteuse. Son regard est plein de douceur, de pudeur. Je suis heureux de pouvoir la rencontrer aujourd'hui, car cela fait des années que je suis sa carrière et que je la considère comme l'une des meilleures compositrices-interprètes de sa génération. Une interprète rare, qui mérite d'être mieux connue. Le magnétophone est en place. L'interview peut commencer… |
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L.F. Vous débutez le 20 Janvier 1970 à l'Ecluse. Vous fêtez donc vos 30 ans de carrière cette année. Aujourd'hui, quel bilan faites-vous de votre parcours ? M.P.B. Beaucoup de bonheur, mais il y a aussi des moments difficiles. Les joies sont tellement fortes dans ce métier et les émotions sont tellement importantes que tout ce qui est positif gomme les moments pénibles, d'attente, de doute, d'angoisse que nous avons tous quand nous sommes artistes. |
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Mon bilan : si c'était à refaire, je referais les mêmes choix. J'avais le choix entre la publicité dans une boîte de marketing américaine, ou chanter. Je suis restée une demi-journée dans un bureau, et je crois que je referais la même chose aujourd'hui. L.F. Peu de temps avant sa mort, Barbara vous avait dit qu'elle allait s'occuper de vous. Votre amitié s'était-elle rapprochée à ce moment-là ? M .P.B. C'est-à-dire que oui parce qu'on ne s'était pas parlé pendant des années. On avait juste enregistré un titre pour une action humanitaire où elle chantait une chanson d'Alice Dona. Il n'y avait que des femmes. Donc, nous nous étions toutes retrouvées pendant un week-end à ce moment là et je me souviens que Barbara m'avait donné un surnom. Quand les autres faisaient une pause ou qu'elles étaient un peu fatiguées, je continuais à être excitée et elle m'avait appelée Duracel, comme le petit lapin qui continue à jouer du tambour. Donc, depuis cette époque là, on ne s'était pas parlé. Puis j'ai eu l'occasion de reprendre contact avec elle parce qu'après avoir enregistré Il pleut sur Nantes aux Editions Atlas pour l'anthologie de la chanson française, je lui avais demandé si ça ne la gênait pas que j'interprète cette chanson dans mon tour de chant et elle m'avait dit : " au contraire, tu me fais un cadeau ". Et en me faisant cette réponse, c'est elle qui me faisait un cadeau. Et donc on avait recommencé à se parler comme ça, se raconter où on en était et puis à cette époque là, je n'avais pas de maison de disques. Elle m'a dit : " C'est inimaginable ! Je vais m'occuper de toi. " Et puis, c'est ce qu'elle a fait, de là où elle est, parce qu'en fait elle nous a quittés peut-être même pas huit jours après. D'ailleurs, il faudrait qu'elle s'occupe encore un peu de moi maintenant, parce que je n'ai à nouveau plus de maison de disques. L.F. Votre nouvel album Quand tu passes est sorti en mars dernier. C'est un très bel album, avec des chansons très touchantes, comme Après toi le déluge ou Une autre lumière , en hommage à Barbara. Les critiques et vos fans se sont étonnés de n'y trouver que 10 chansons. Est-ce un choix, ou bien une demande de BMG ? M.P.B. Non, ce n'est pas une demande de BMG, c'est qu'en fait ça s'est trouvé comme ça parce que je ne voulais pas rester une année de plus sans sortir quelque chose. Mais à chaque fois, il se trouve que lorsque je fais un spectacle à Paris, je n'ai pas de disque et quand je sors un album, je n'ai pas la scène en même temps, ce qui se fait en général. Donc je me suis dit que je n'allais pas attendre trop longtemps avant de sortir cet album. J'avais très envie de réenregistrer Antonio Carlos Maria Brésil et La petite écriture grise avec le climat de Yaël Benamour qui a fait les arrangements de cet album, parce que je trouvais que ces chansons s'adaptaient très bien à son univers qui était celui auquel j'avais pensé au départ. Non, ce n'est pas un choix, j'aurais pu attendre un peu plus et en enregistrer d'autres, mais j'ai beaucoup de chansons en attente et je pense que le prochain album aura peut-être plus que dix chansons. L.F. Dans cet album, vous remerciez Guy Béart… M.P.B. Oui, Guy Béart et Patrick Bruel parce qu'en fait, il se trouvait que -comme je viens de le dire-, je passais au Théâtre de dix heures avec un spectacle piano-voix, et je n'avais pas de disque à ce moment là, ce qui m'ennuyait. Guy Béart, qui aime bien ce que je fais, est venu me voir au Dix heures. Il en a parlé à sa fille, Emmanuelle Béart, laquelle est venue avec son ami qui est le frère de Patrick Bruel et voilà, toute la famille est venue ensemble. Et c'est comme ça que je l'ai remercié, parce que Patrick Bruel étant chez BMG, le lendemain du spectacle a dit : " Comment, vous n'avez pas vu Marie-Paule Belle et elle n'a pas de maison de disques ! Qu'est-ce que c'est que ça ? " Il a fait un véritable ramdam auprès des gens de BMG qui sont venus me voir et qui m'ont signée chez eux. C'est donc Guy Béart qui fut le point de départ de toute cette histoire. L.F. Y aura-t-il un autre album chez BMG ? M.P.B. Non, je ne pense pas. Je suis partie de chez BMG. Nous sommes partis. Je dis " nous " car c'était en accord avec la Production qui a réalisé cet album, et avec l'arrangeur. Ils n'ont pas bien travaillé sur ce disque et il n'y a eu aucun travail au niveau de la promotion. Rien n'a été fait et il n'y a eu que les gens du métier et les fans très accros à ce que je fais et très attentifs, qui ont su que cet album était sorti. J'ai donc préféré le retirer, quitte à le ressortir cette année avec peut-être quelques titres en plus. J'aime beaucoup cet album parce qu'il fait voyager et tout le monde a mis beaucoup d'énergie, beaucoup d'amour dans sa conception. Par conséquent, je trouve dommage que tout ce travail s'envole en fumée en si peu de temps… L.F. Avez-vous fait quand même quelques émissions de télévision ? M.P.B. Oui, heureusement, car j'ai une bonne attachée de presse, mais qui est indépendante, et si elle n'est pas épaulée par la maison de disques, elle ne peut pas grand chose. J'ai fait Drucker, entre autres. L.F. Sept CD de vous ont été édités depuis 1988. Aujourd'hui, seul votre nouvel album est disponible dans les bacs. Que pensez-vous de l'attitude de POLYGRAM qui a supprimé le CD Master Série [Note de l'auteur : à l'heure où nous imprimons, ce CD vient de ressortir] où l'on trouvait vos plus grands succès, ainsi que votre récital " live " au Théâtre de 10 heures ? M.P.B. Je trouve ça dommage. J'aurais bien voulu que ma présence discographique continue parce que je sais que le " live " a eu énormément de succès. Les gens ont beaucoup aimé cet album parce qu'il me représente exactement comme je suis sur scène, sans artifice. On a privilégié l'émotion. Même si quelquefois il y avait des imperfections tetechniques qui nous ennuyaient, on a laissé celles-ci quand l'émotion était très forte, et pour garder l'esprit du " live ". Donc, en fait, ça m'a vraiment ennuyée que cet album soit supprimé. C'est d'autant plus regrettable que beaucoup de mes chansons à succès sont chez POLYDOR, qui est devenu POLYGRAM. Ils pourraient pourtant faire un coffret avec toutes mes chansons ou me faire réenregistrer mes titres importants. Tout ceci est dans mes projets futurs. Si je le pouvais, je ressortirais toute mon œuvre en CD avec les pochettes d'origine. |
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L.F. Quels sont vos projets pour cette année ? M.P.B. Je ferai une grande scène à Paris à la rentrée, mais je ne sais pas encore dans quelle salle. Et j'aimerais, si possible, avoir une présence discographique à ce moment là.
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C'est un grand bonheur pour moi, car j'écris à nouveau des chansons avec Michel Grisolia, mon grand ami d'enfance. Je ne l'avais pas perdu mais nous n'avions pas écrit de chansons depuis 1978. C'est extraordinaire, c'est comme si on avait arrêté hier. Il a vraiment des mots qui collent à ma musique. J'écris également de nouvelles chansons avec Françoise Mallet-Joris et Isabelle Mayereau. L.F. Aimeriez-vous enregistrer des chansons en duo ? Avec qui si vous aviez le choix ? M.P.B. Oui, j'aimerais bien, ce serait rigolo. Je l'ai fait à la télévision avec Maxime Le Forestier et Julien Clerc. Ce sont des gens que j'apprécie. Si je le faisais, j'aimerais enregistrer avec Souchon, Voulzy, Mitchell, Zazie, Véronique Sanson, ou encore Maurane. L.F. L'Opéra-Bouffe Une bonne action de Lucrèce Borgia écrit avec Françoise Mallet-Joris et achevé en 1993, a-t-il des chances de voir le jour ? M.P.B. Je n'en sais rien, c'est l'Arlésienne ! Maintenant je n'ose même plus en parler parce que toutes les personnes à qui on a fait écouter des bribes de cet Opéra-Bouffe afin d'avoir des points de repères : Brialy, Savary, Van Cauwelaert qui a écrit avec Michel Legrand, Jean-Luc Tardieu qui a adoré, et bien d'autres, eh bien, tous ces gens pensent que ce spectacle est très difficile à monter et qu'il reviendrait très cher. Les gens sont frileux au niveau de la production. Il faudrait peut-être le réécrire sous une autre forme. A l'époque, j'aurais bien vu Coluche dans le rôle du Pape. L.F. Votre collaboration avec Juliette Mills en 1985, qui vous avait décidée à vous dévoiler davantage, n'a pas eu de suite… M.P.B. Non, c'était peut-être une erreur de parcours. Ce n'est pas un échec parce que ça m'a donné des prises de conscience. Je me suis fait teindre en blonde notamment. Dans le spectacle, je me couchais sur le piano. C'était assez drôle ! J'aimais bien être un peu quelqu'un d'autre, ou chanter avec des cuissardes, mais avec le recul, ce n'était vraiment pas moi. Juliette Mills avait une vision complètement différente de la mienne, qui m'attirait, même si elle était un peu folle. Je lui avais donné carte blanche et j'y suis allée à fond. Après ça, chacune est repartie sur son propre chemin parce que je me sentais mieux telle que j'étais avec mes racines et ma propre identité. Je ne regrette rien, ni les périodes de parenthèse où l'on m'a moins vue et moins entendue. C'est une recherche intérieure beaucoup plus approfondie qui m'a fait écrire d'autres choses. Si c'était à refaire, je referais exactement pareil. L.F. Que pensez-vous du succès de Notre-Dame de Paris ? M.P.B. Tant mieux pour eux, c'est génial. Je trouve qu'une comédie musicale française, qui va dans le monde entier et qui a un tel succès, c'est formidable. J'apprécie Richard Cocciante, et la mélodie de Belle , dont l'harmonie des voix est magnifique, m'a plu dès sa sortie. Je n'ai malheureusement pas vu ce spectacle. L.F. Luc Plamandon devait vous écrire des textes à un certain moment ? M.P.B. Il est venu au Théâtre de 10 Heures. Il devait m'écrire des chansons, mais comme il est très pris, ça ne s'est pas fait. Mais il a beaucoup apprécié mon spectacle. Il en a beaucoup parlé autour de lui et je l'en remercie. L.F. Pourriez-vous aborder le sujet de l'homosexualité dans l'une de vos chansons, ou d'autres thèmes délicats ? M.P.B. Ca ne s'est pas trouvé et comme ça a déjà été fait, ce n'est peut-être pas très original. J'ai déjà été sollicitée par des associations homosexuelles qui voulaient que je sois leur porte-drapeau, mais je ne l'ai pas souhaité, car je ne veux pas me définir dans une catégorie précise. J'aimais beaucoup la chanson du groupe Mécano Une femme avec une femme . Ce thème a été très bien traité, et je ne voyais pas l'utilité de réitérer dans ce domaine. Quoiqu'il en soit, je n'aime pas afficher ma vie privée et je n'aime pas me servir de mes histoires personnelles au point de vue médiatique. L.F. Avez-vous fait un clip vidéo pour illustrer l'une de vos chansons ? M.P.B. Je l'ai fait et j'ai refusé que le clip sorte. C'était pour la chanson Mini-minitel qui avait été tournée dans un hémicycle. J'étais au milieu de mecs torses nus avec des attachés-cases. L'idée était assez drôle d'ailleurs : c'était une chanson sur le minitel rose. Je n'étais pas très heureuse du résultat. Donc, le clip n'est jamais sorti et on ne m'a jamais proposé d'en refaire un autre. L.F. Jouez-vous toujours de la guitare ? Et d'autres instruments ? M.P.B. Oui, mais pas sur scène. Je le faisais quand j'avais les musiciens parce que ça se complétait bien. Je m'en sers pour trouver d'autres idées musicales. Pour jouer toute seule, je trouve que je n'assure pas assez. Le piano reste mon instrument premier. Je travaille également avec l'ordinateur et des claviers, qui sont très utiles pour faire des maquettes de chansons. L.F. A part Bibie avec Chanson de Nuit , et tout récemment Anne Baquet avec Jardin Secret et L'Oiseau gris , d'autres chanteurs vous ont-ils interprétée ? M.P.B. J'ai donné quelques chansons à Nicole Croisille, mais je n'ai pas de nouvelles depuis. J'ai récemment écrit des chansons avec Pierre Grosz mais je ne sais pas encore qui les chantera. J'aimerais beaucoup écrire pour d'autres interprètes mais je n'ose pas aller vers eux. L.F. Il y a 13 ans, vous publiez votre premier livre Je ne suis pas parisienne, ça me gêne chez Carrère-Michel Lafon. Votre livre s'est-il bien vendu ? M.P.B. Je pense qu'il s'est bien vendu, mais il n'a pas été réédité depuis, tout comme le recueil de textes de mes chansons qui avait paru chez Seghers, et qui est également épuisé. Beaucoup de gens me réclament régulièrement des rééditions de mes anciens disques et de ces deux livres, mais je n'ai pas le pouvoir de décision pour les satisfaire. L.F. Avez-vous pensé publier un autre ouvrage depuis ? M.P.B. Non. C'est trop difficile. Ce n'est pas mon truc, ce n'est pas mon moyen d'expression. Je suis quelqu'un qui fonctionne par flash. Quelquefois, j'ai même du mal à finir une chanson. J'ai mis des mois et des mois pour écrire mon livre Je ne suis pas parisienne… . C'était long, pénible, j'ai été obligée de raconter certaines choses et ça a été parfois douloureux de revenir sur des événements que j'aurais voulu passer sous silence, mais qui étaient nécessaires à l'explication de mon parcours. Non, je ne réécrirai pas. |
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L.F. Quels sont vos écrivains préférés ? M.P.B. Bien sûr, je vais dire Françoise Mallet-Joris. Dans ma jeunesse, j'avais adoré Belle du seigneur d'Albert Cohen ou Le livre de ma mère mais je ne lis pas de romans. Je lis plutôt des essais sur la spiritualité, par exemple le Livre des Morts Tibétains. |
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L.F. Certains poètes vous ont-ils donné l'envie de mettre leurs poèmes en musique ? M.P.B.Le poème étant un texte définitif qu'on ne peut plus modifier, je préfère mettre en musique des textes en présence de l'auteur, avec lequel je peux modifier certaines phrases en fonction de ma musique. Il y a eu une exception avec le texte de Berlin des années vingt écrit par Françoise Mallet-Joris et Michel Grisolia, pour lequel j'ai pu composer une musique sans changer un seul mot. J'ai toujours écrit en osmose avec les auteurs. L.F. Votre frère Jean-Michel -qui a publié un livre sur Maurice Sachs en 79- tient-il toujours une librairie ? M.P.B. Oui, à Nice, 29 rue Alphonse Karr : " Librairie de l'Escurial ". Il est spécialisé dans les Editions originales et les livres anciens. Il est aussi expert auprès des Tribunaux et des salles de ventes de Nice. Extrêmement calé dans ce domaine, il est présent lors des salons internationaux. Il tient ce magasin avec ma tante, la sœur de ma mère qui, elle, est spécialisée en bijoux anciens. L.F. On vous exile sur une île déserte. Vous ne pouvez emporter : - qu'un seul livre : " La Bible. Comme ça, j'aurais l'ancien et le nouveau testament et j'aurais matière à réflexion, si vraiment je ne peux parler à personne ". - un disque de musique classique : " Je prendrais un disque de piano d'un musicien romantique, certainement Chopin ". - un disque d'un chanteur français : " Comme chanteuse, je prendrais Barbara en premier, Maurane ou Diane Dufresne. Comme chanteur, peut-être Julien Clerc ou Serge Gainsbourg ". - un film : " Un film romantique ou psycho-dramatique " - un objet : " La bague de ma mère et mon piano ". - un aliment : " La pomme de terre ou les pâtes, c'est ce que je préfère sous toutes les formes ". - un parfum : " Roma, de Laura Biagiotti ". L.F. Une apparition au cinéma dans "Alors, heureux ?" en 1979, et un rôle au théâtre dans "Si jamais je te pince en 1988", n'ont pas décidé les réalisateurs ou les metteurs-en-scène à vous proposer des rôles ? M.P.B. (rires) Non, ma participation au film Alors, heureux ? de Pierre et Marc Jolivet n'était que purement amicale. Il y avait aussi Serge Lama dans ce film, mais depuis, Pierre et Marc Jolivet ont fait leur chemin et Pierre n'a pas pensé à moi pour ses autres films. J'aurais pourtant bien aimé qu'on me propose des rôles au cinéma et même à la télévision, mais à l'heure actuelle, sans agent cinématographique, c'est impossible. Je suis quelqu'un qui ne décroche pas son téléphone pour proposer des chansons ou pour demander des rôles. C'est peut-être un tort, car j'aurais sans doute fait une meilleure carrière. J'attends toujours qu'on me propose des projets. L.F. Quels souvenirs gardez-vous de votre apparition en " Docteur Gruber " dans le film Alors, heureux ? dont la musique était signée du regretté Daniel Balavoine ? M.P.B. Dans le film, j'expliquais la circulation du sang comme on explique un plan d'autoroute, style " Bison Futé ". C'était assez original et très drôle. J'en garde un bon souvenir. L.F. Quel est le dernier film que vous ayez vu au cinéma ? M.P.B. Comédian Harmonists de Joseph Vilsmaier était un très joli film que j'ai adoré. Egalement Sept ans au Tibet de Jean-Jacques Annaud. Je ne vais malheureusement que très rarement au cinéma, car je déteste faire la queue, je n'aime pas la foule, et trop de gens impolis parlent fort au cours des films. Je préfère regarder un film en vidéo chez moi, sans être dérangée. L.F. Quels sont vos acteurs ou actrices préférés ? M.P.B. J'aime bien des acteurs américains comme de Niro, Al Pacino, Robert Redford. Comme actrices, Meryl Streep, Michelle Pfeiffer, Jodie Foster. Pour les Français, Jean-Pierre Bacri, Catherine Frot , Anémone, Zabou, Michèle Laroque. L.F. Après "Thomas ", "Chaussette-Surprise", "Vas-y Maman" , et "Dickie Roi" pour la télévision, songez-vous à écrire d'autres musiques de film ? M.P.B. Oui, j'y songe. J'attends qu'on me le demande. L.F. Votre frère Olivier est-il toujours comédien, ou bien a-t-il changé de voie depuis ? M.P.B. Il a fait le Cours Florent et maintenant, il écrit de très jolies chansons romantiques, ou humoristiques. Mon frère est un personnage assez original avec un look complètement bizarre. Il mérite vraiment d'être reconnu pour son talent. L.F. Que regardez-vous à la télévision ? M.P.B. Arte quelquefois quand un thème m'intéresse, M6 pour des émissions comme Capital . J'aime bien les émissions documentaires, Ca se discute, 52 à la une . Je regarde beaucoup Paris Première. J'aime bien Ardisson, Delarue, Paul Amar, les interviews de l'Actors Studio. Ayant le câble, je regarde toujours un film avant de m'endormir. L.F. Qu'est-ce qui vous fait rire ? M.P.B. Il y a quelqu'un qui me fait hurler de rire dès que je le vois, c'est Daniel Prévost. J'adore ce mec-là. Je trouve qu'on ne le voit pas assez. Pour moi, c'est un tempérament, un très grand comique. J'aime bien Coluche, Louis de Funès, Muriel Robin, les Inconnus, Valérie Lemercier. L.F. Aimez-vous certaines séries américaines ? M.P.B. Colombo, les Craquantes (The Golden Girls), qui me font hurler de rire, Dream On et Code Quantum. J'aime les séries policières et à suspens. L.F. Où vous réfugiez-vous lorsque vous désirez quitter le stress de la vie parisienne ? M.P.B. J'avais une maison à Bulles (Oise), mais je ne l'ai plus. Je ne subis pas le stress de la vie parisienne puisque j'habite à Neuilly-sur-Seine. Lorsque je suis trop stressée, je pars au soleil. Le soleil et la mer, c'est ce qui me détend le plus, par exemple en Corse dans ma famille. On m'invite régulièrement en croisière, sur des bateaux, pour chanter, ce qui permet de m'évader du quotidien. Je reviens des Seychelles, de l'Ile Maurice et de la Réunion. C'était très sympathique, bien que nous n'ayons pas eu très beau temps. J'ai également visité le Spitzberg et les fjords Norvégiens, qui sont des paysages de nature très forts. J'aimerais bien aller au Japon que je ne connais pas, car je sais qu'ils adorent la chanson française. J'aime beaucoup l'Italie, leur cuisine et leur façon de vivre. L.F. Etes-vous gastronome ? M.P.B. J'adore bien manger, j'aime les bonnes choses. J'aime surtout la cuisine italienne, provençale, chinoise. Comme je n'aime pas tellement cuisiner, je préfère que mes amis me concoctent de bons petits plats. Moi, à part cuisiner les pâtes de toutes les manières et les poulets à la crème ou à la moutarde, mes exploits culinaires s'arrêtent là ! L.F. Quels sont vos loisirs, vos hobbies ? M.P.B. J'aime le cinéma, jouer au tennis, le ski. Mes hobbies, c'est plutôt d'être avec les gens que j'aime, et faire un bon repas. L.F. Avez-vous des collections particulières ? M.P.B. Quand j' étais petite, je collectionnais les vieilles voitures et les miniatures de parfums. Chez moi, j'ai une collection de sulfures (demie-boule de verre dans laquelle sont intégrés des motifs en couleurs). L.F. Où avez-vous fêté l'an 2000 ? M.P.B. J'étais aux Seychelles ! | |
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L.F. Si la postérité ne devait retenir de vous qu'une seule chanson, laquelle serait-elle ? M.P.B. Je pense que ce serait en premier La Parisienne qui reste ma "carte d'identité". Je la chante sur scène depuis plus de 25 ans, car les gens me la réclament toujours. En second choix, Quand nous serons amis. |
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Marie-Paule Belle répond au célèbre questionnaire de Proust à la demande de Laurent François : - Votre principal trait de caractère : " La transparence " - Qualité désirée chez un homme : " La franchise " - Qualité désirée chez une femme : " L'honnêteté " - Ce que vous appréciez le plus chez vos amis : " Leur vérité, leur façon de ne pas tricher avec moi, l'authenticité ". - Votre principal défaut : " Ce serait peut-être la paresse, car j'aime bien ne rien faire ". - Votre occupation préférée : " La musique ". - Votre rêve de bonheur : " La sérénité ". - Votre plus grand malheur : " Perdre les personnes que j'aime le plus ". - Qui voudriez-vous être ? : " Personne ". - Le pays où vous aimeriez vivre : " Dans un pays où il y a le soleil et la mer ". - Votre couleur préférée : " Le bleu ". - La fleur que vous aimez : " Les roses jaunes ". - Votre oiseau favori : " Le moineau ". - Vos poètes préférés : " Valéry Larbaud, Baudelaire et Verlaine ". - Vos héros ou héroïnes de fiction préférés : " Peut-être Scarlett O'Hara " - Vos compositeurs préférés : " Rachmaninov, Mahler, Mozart et Chopin ". - Vos peintres préférés : " Nicolas de Staël, William Turner ". - Vos héros ou héroïnes dans la vie réelle : " Mère Teresa, Sœur Emmanuelle, Cardinal Etchegaray ". - Ce que vous détestez par-dessus tout : " La mauvaise foi, l'injustice, l'intégrisme , la rigidité d'esprit et d'action, ce qui inclut la torture, la dictature… ". - Quel don de la nature aimeriez-vous avoir ? : " La médiumnité visuelle ou auditive ". - Nourriture et boisson préférées : " La nourriture provençale et le vin rouge ". - Comment aimeriez-vous mourir ? : " Sans m'en rendre compte ". - Le défaut pour lequel vous avez le plus d'indulgence : " Les gens qui sont soupe-au-lait ". - Votre état d'esprit présent : " Calme ". - Votre devise : " Progresser davantage ". |
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A propos de l'auteur... Laurent François est comédien, auteur-compositeur et écrivain. Passionné de littérature, il est constamment à la recherche de l'artiste de talent injustement méconnu qu'il tente de faire redécouvrir. |
URL originale: http://www.declic.com/synopsis/mpbelle.htm