Samedi 05 Février 2000
   





CONCERT


Le triomphe de Marie-Paule Belle

Seule avec son piano, l'artiste a présenté hier soir à l'Auditorium de Lure, qui affichait salle comble, un tour de chant chargé d'émotion.

Des larmes aux rires, elle a installé son univers sur une scène qui a mis en lumière son talent. « Sur scène, on ne peut pas tromper le public. Dans un tel cadre, il n'y a pas de barrière, la liberté est grande. Lorsque tu dînes en amoureux, en tête-à-tête, les regards sont plus langoureux que lorsque tu te retrouves avec une dizaine de convives », expliquait hier à Lure Marie-Paul Belle, parfaitement détendue, une heure avant un concert très attendu. Un peu plus tard, 200 personnes n'avaient d'yeux que pour elle. Après 20 années passées sur scène entourées de ses musiciens, Marie-Paule Belle entame sa révolte musicale. Mue par son intuition, elle opte pour le piano-voix, une formule déjà utilisée avec succès par William Scheller. Dans une atmosphère intimiste, avec pour seul décor un bouquet de fleurs, elle débute son tour de chant luron par « J'ai la clef, j'ai l'argent, j'ai le sourire». Les textes sont de Pierre Jolivet, l'air est gai, mais il n'en sera pas toujours de même. Dans la salle, qui aurait pu accueillir bien plus de monde encore, les premiers rires fusent. Oui, l'artiste est bien telle que beaucoup l'avait imaginée. Elle a son franc-parler, mais surtout un franc-chanter que beaucoup ont regretté, l'espace de quelques années de silence, avant un retour triomphal en 1994 sur les scènes parisiennes. Elle avoue que l'accueil de l'époque, une « standing ovation » alors qu'elle n'avait pas encore commencé à chanter, restera gravé dans sa mémoire comme un des plus beaux souvenirs de sa carrière.

Merci Marie-Paule

Le cliché de « La Parisienne » lui a souvent collé à la peau. Qu'importe si à une époque, elle a voulu s'en défaire, prouver que derrière cette carte d'identité très populaire se cachait une femme de sentiments. « Sur scène, je me met complètement à nu », concède t-elle, de la passion dans les yeux. Comme sur cette oeuvre de Barbara « Il pleut sur Nantes », qu'elle interprète en versant quelques larmes : « Son histoire n'est pas la mienne mais elle peut se transposer dans ma propre réalité». Son père, décédé, est encore bien vivant dans ses pensées. Les gestes, la voix, les notes qui l'accompagnent, un regard toujours plein d'expressions : tout concoure à plonger l'assistance dans le monde d'une chanson française décidément inusable. Ses plus grands succès, ses nouveautés les plus exquises, ont précédé « La Parisienne». Une reprise en choeur, des rappels nourris bien vite satisfaits, puis le rideau s'est abaissé, trop, beaucoup trop rapidement. Qu'importe, les dédicaces allaient raviver une flamme qui n'est pas prête de s'éteindre. A Lure, le charme avait agi. Comme pour résumer un hommage collectif, une voix s'est alors élevée de la foule : « Merci Marie-Paule». Chapeau l'artiste...

Dans une atmosphère intimiste, Marie-Paule Belle a livré hier soir au public luron ses plus grands succès, entrecoupés de nouveautés des plus savoureuses.

SYLVAIN MICHEL


 

Samedi 05 Février 2000
 

URL originale: http://www.lepays.net/jdj/00/02/05/HS/photo_21.html

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